Pour faire la Mini Transat, il ne suffit pas de savoir tenir un cap. J’ai appris mille métiers pour préparer cette course ! J’étais déjà touche-à-tout, mais jamais je n’aurai imaginé découvrir autant de métiers.

Tout d’abord, revenons aux origines de la course. La Mini Transat a été créée en 1977 par Bob Salmon, un anglais qui en avait marre de la démesure des courses au large à la voile des années 1970. Démesure des bateaux qui étaient immenses, et démesure des budgets qui laissaient peu de place aux navigateurs sans le sous. C’est alors qu’est née la Mini Transat, la course de la démerde, de la débrouille, de la bidouille. La course sans le sous sur des petits bateaux de 6,50m pour que tout marin en herbe ou confirmé puisse se confronter au large.

Si aujourd’hui quelques skippers « professionnels » ont des budgets leur permettant de déléguer les tâches techniques, la plupart mettent les mains dans le cambouis pour préparer leurs montures.  C’est ainsi qu’en deux ans, je suis ponctuellement devenue stratifieur composite (travail du carbone, matériaux de construction du bateau), peintre, mateloteur (travail sur les cordages du bateau), préparateur (nettoyage et entretien des mécaniques, réparation, entretien du bateau en général), poseur en grand format pour la décoration  du bateau. Je me suis aussi essayée au métier d’électricien, mais rien de très concluant pour l’instant. Je m’y remets fin août sous la houlette d’un super électricien pour apprendre et mieux comprendre mon matériel électrique et électronique.

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Réalisation de supports rigides pour mes panneaux solaires, 15h de travail pour fabriquer ces deux pièces en carbone.

Je ne me suis pas improvisée stratifieur ou électricien en un clin d’oeil. J’ai suivi des formations pour comprendre les aspects des différents métiers qui touchent à mon projet, j’ai observé les plus expérimentés, et surtout j’ai demandé des conseils aux vieux sages qui peuplent mon écosystème breton, car ces gars et ces filles ont de l’or dans les doigts. Leur travail d’artisan est incroyable. Au début, leurs devis me paraissaient exorbitants, les délais de réalisation assez lents. Puis en m’y mettant, j’ai réalisé Ô combien le travail manuel était long et fastidieux. J’ai fait de belles choses de mes mains, mais je suis encore loin de la perfection que proposent les artisans. Je leur tire mon chapeau !

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