Plus jeune, j’imaginais traverser l’océan Atlantique en solitaire. Je ne voyais que la partie visible du projet : les longs surfs sur l’Atlantique. Une fois le nez dans l’aventure, je me rends compte que le partie immergée de l’iceberg est énorme !

En ce moment, dans les coulisses de l’Atlantique, je prépare le bateau, j’en prends soin afin d’anticiper tous les potentiels problèmes du bateau et d’optimiser les systèmes pour que le bateau soit performant. Et ce n’est pas rien !

Comment se déroule mon chantier ? 

Après avoir mis le bateau au sec commence le grand nettoyage. En effet, pour bien travailler, il faut vider tout le bateau, le nettoyer pour y voir clair. Ensuite, je me demande bien par où commencer, comment faire, car c’est la première fois que je gère le chantier d’un bateau… Je commence donc par reprendre la TO DO que j’avais commencée lors de mes navigations et j’ajoute celles inhérentes à un chantier d’hiver. Voici donc les différents chantiers menés sur mon bateau en cet hiver 2017 en vue de la MINI TRANSAT.

ELECTRICITE :
Il y a peu d’électronique à bord, mais il est essentiel pour la navigation : pilote automatique (pratique pour dormir et manger!), instruments électroniques de mesure (vent, vitesse, pression atmosphérique, angles au vent, cap compas…), GPS (sans cartographie, seulement les coordonnées latitudes, longitudes), panneaux solaires (essentiels pour alimenter les instruments électroniques du bord, en particulier le pilote), VHF (radio servant à communiquer avec tous les types de navires se trouvant à moins de 20 milles), AIS (émetteur, récepteur d’ondes servant à être vus sur un écran radar et à voir les autres). Il est important de bien connaître ces instruments mais aussi et les branchements entre ces éléments afin de pouvoir réparer une éventuelle panne en mer.

COMPOSITE :
Le bateau est construit en carbone. Le carbone est un métal ici transformé en fibres souples que l’on vient rendre solide à l’aide d’une résine EPOXY en lui donnant la forme et la résistance souhaitée. Le carbone est très solide structurellement mais sensible aux chocs. Par exemple, un gros coup de marteau pourrait suffire à percer la coque du bateau de manière très localisé. A l’extérieur, est protégé par un enduit peint. L’enduit est soumis à des petits chocs que je dois réparer pour protéger le carbone. Parfois, la fibre est atteinte, il faut alors réparer en élevant la fibre endommagée et en ajoutant un nouveau tissu de carbone comme un pansement (ex : la photo ci-dessous, réparation des casques de safrans abimés par le frottement répété d’un bout).

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FICELLES :
Sur le bateau il y a un tas de bouts (cordes en langage nautique, mais il est interdit d’utiliser ce mot à bord, car ça porterait malheur!) qui s’abiment. Ainsi il faut les entretenir et les changer au besoin. Les bouts passent par des circuits complexes qu’il faut parfois repenser. Tout le travail réalisé autour des bouts s’appelle du matelotage. C’est l’art de faire des noeuds, mais aussi de la couture !

ACCASTILLAGE :
L’accastillage c’est tout les accessoires qui sont sur le pont du bateau : poulies, winches, pontés, taquets… Tous ces éléments doivent s’entretenir. Par exemple, je démonte les 3 winches du bateau, et je les nettoie à l’essence, ce qui les graisse légèrement en même temps. Aussi, je dois changer les billes abimées du chariot de grand-voile, elles servent à faire glisser le chariot sur le rail. A force de frottements, les billes ne sont plus tout à fait rondes et entravent le glissement du chariot de la grand-voile.

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Au début je ne savais pas comment m’y prendre, puis j’ai mis le nez dans le bateau, j’ai demandé des conseils, je me suis parfois entourée de personnes compétentes pour les sujets très techniques (électricité ou composite). J’ai finalement pris du plaisir à comprendre, à faire, à m’améliorer ! Le chantier c’est génial !

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