Retour sur les dernières semaines, pleines d’actions, au point de n’avoir le temps de vous donner quelques nouvelles !

Je n’avais jamais imaginé que je pourrai abandonner une course, qu’un jour ça m’arriverait. Je n’avais jamais pensé à cette éventualité, j’avais même laissé toutes mes affaires dans le camion d’un concurrent qui est rentré à terre 36 heures après moi. Et puis voilà, mon foc s’est abimé, ouvert en deux au niveau de la latte du haut. Je pensais pouvoir continuer, malgré cette avarie, malgré les quelques 130 milles de près qu’il nous restait à parcourir jusqu’au Fastnet. Mais mon équipier Etienne Bertrand, architecte du bateau et de renom, marin plein de bon sens, coureur sur l’Atlantique maintes et maintes fois me conseille d’arrêter. Me dit qu’il faut rentrer, que ce n’est pas raisonnable, d’autant que la météo est instable là-haut et le coup de vent annoncé probable. Alors, dans un certain malaise, nous faisons demi-tour. J’étais d’ailleurs assez mal, pour la première fois, à cause du froid puis j’ai eu des nausées à cause de la mer formée, de la faim et de la fatigue aussi.

J’ai abandonné. Laissé un beau résultat me filer entre les doigts. Quand nous arrêtons nous sommes troisièmes. Notre bateau va vite, nous savons que nous pouvons jouer avec la tête du paquet. Nous sommes dedans. Difficile à accepter, surtout sur une telle course !

Retour à terre délicat, je ne me sens plus à ma place sur les pontons, à l’arrivée des copains qui eux l’ont fait. Moi j’ai déjà pris ma douche, je suis reposée. Eux sont fatigués, explosés, mais heureux, ils ont terminé la course, ils l’ont gagnée. Ils ont le goût du sel sur les lèvres, je n’en ai que l’amertume. Enfin je relativise, après tout, la voile est un sport matériel. Peut-être n’étais-je pas assez préparée, ni le bateau. Par manque de temps. Je ne fais pas que naviguer, ce n’est pas mon métier, je termine mes études. J’ai failli manqué d’être diplômée, pourtant j’ai validé tous mes cours, mais j’ai loupé mon Grand Oral début juin, THE oral à ne pas manquer pour être diplômée. Je rentrais alors de la Mini en Mai, dans l’incapacité de me présenter vaillamment à l’oral. La veille du Mini Fastnet, mon cas est passé au jury. De justesse, j’ai sauvé les meubles.

Grâce à cet abandon, je me rends compte que je ne peux pas faire toutes les courses car un jour ce n’est pas ma voile qui va lâcher, c’est moi, c’est le bateau en entier. Alors sagement, je décide de ne pas faire la course qui va aux Açores cet été. Je ferai seulement une « petite » course, 400 milles entre La Trinité et Roscoff en Août. La DrheamCup. En vrai une super course, avec des concurrents incroyables, des bateaux magnifiques qui font le Vendée Globe ou des records sur les océans du Monde entier ! Bref l’occasion pour moi de me mélanger, de prendre le départ au vent d’un trimaran !

En parallèle, je commence à travailler en septembre dans une startup. J’ai besoin de gagner quelques sous pour mener à bien le projet et puis j’ai besoin d’avoir un à-côté, d’être reliée au monde des terriens, sinon je risque de ne jamais revenir sur la terre ferme !

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Sur le prologue du Mini Fastnet avec mon équipier Etienne Bertrand

Bref, encore quelques jours à Paris en stage chez Click & Boat, puis je file à Lorient préparer ma seconde tentative de qualification (j’ai du abandonner début juin contrainte par le temps faute de vent). Après ces 1000 milles en solitaire entre la France et l’Irlande, je reviens à terre quelques jours à La Trinité et hop’ c’est parti pour la DrheamCup, top départ le 15 août ! Je dois encore choisir un(e) équipier(e) pour la course que je ne peux pas courir en solitaire.

A venir des bonnes nouvelles… #Sponsor !

Merci à Optigestion Courtage pour leur soutien et à l’association Femmes de Bretagne pour toute l’énergie qu’elle me donne !

A très bientôt,

Charlotte

 

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